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Rencontre avec Martial Vandamme, à l’origine de la brasserie Gilbert’s, établie à Rabastens. Une brasserie née en 2012, bien avant l’essor actuel de la bière artisanale et le foisonnement des microbrasseries. Se réinventer, poursuivre les recherches, affiner les recettes, s’adapter dans une économie de plus en plus compétitive sans sacrifier sa passion pour le travail bien fait, les saveurs et la tradition…. Découvrez le portrait complet de Martial, brasseur rabastinois passionné.
Publié le 24 mars 2026
Longtemps passionné par la bière belge, Martial Vandamme brassait déjà depuis plusieurs années avant de décider de se lancer pour de bon. Son père, fan de la première heure, l’encourage à franchir le pas. La brasserie Gilbert’s porte d’ailleurs son nom :« Je voulais lui rendre hommage », esquisse Martial dans un sourire.
Après avoir « forgé son palais » en amateur curieux, l’envie d’aller plus loin s’impose.« Je voulais aller chercher la petite saveur », dit-il, l’œil toujours pétillant. Son premier kit de brassage portait le nom de Gabrielle, comme sa grand-mère, qui brassait elle-même dans sa cuisine autrefois. Un clin d’œil familial annonciateur de la suite !
Ancien frigoriste-cuisiniste, Martial décide alors de sauter le pas et de monter sa microbrasserie de ses propres mains. Il complète son savoir-faire avec un DU brasseur à La Rochelle pour maîtriser le versant scientifique de la bière. « Mon expérience technique m’a été très utile : j’ai fabriqué moi-même la plupart de mes équipements ! » : même la laveuse de fûts est passée entre ses mains, seul le châssis a été réalisé par un chaudronnier du coin. « Avec du bricolage, on arrivait à faire une brasserie. Aujourd’hui, pour faire du volume, il faut des installations très coûteuses », regrette Martial.
Chez Martial, pas question de course au gigantisme : « Je préfère la qualité à la quantité », affirme-t-il. Un engagement certains puisque depuis ses débuts, ses équipements ont peu évolué, hormis quelques cuves supplémentaires : « Je suis toujours avec mon bâton à brasser dans le tank à lait ! », rigole-t-il.
Adepte du « brew la loose » , une manière de brasser avec les moyens du bord, en privilégiant l’ingéniosité, la récupération et le système D plutôt que les installations industrielles, Martial n’a jamais souhaité s’étendre démesurément.
S’il maîtrise les grands classiques (blonde, blanche, ambrée), sa passion le pousse à concocter des recettes plus typées, des collections éphémères, prisées par les connaisseurs. C’est ainsi que Martial se plonge continuellement dans de nouvelles expérimentations et recettes : remplacer la coriandre par de la bergamote, l’écorce d’orange par du safran local de la Safranette à Rabastens…
« J’étais un des premiers sur le territoire à élever la bière en barrique », raconte Martial, qui passe du temps à dénicher des barriques ayant abritées un temps du cognac ou de l’armagnac pour laisser reposer ses bières comme on fait vieillir un bon vin. Fidèle à sa philosophie, Martial a d’ailleurs fait le choix de privilégier sa clientèle locale plutôt que de céder ses cuvées éphémères aux gros acheteurs intéressés.
L’an dernier, pourtant, le corps de Martial l’a contraint à lever le pied. Après avoir échappé au pire, il se prépare doucement à reprendre son activité. « J’ai failli lâcher », admet-il l’air sérieux. Les journées sont longues, les brassins exigeants, et la concurrence ne cesse de s’intensifier. Mais la passion, elle, reste intacte. « J’aime tellement mon métier. Même à l’hôpital, je faisais mes recherches, je regardais quelle prochaine levure je pourrais tester… » sourit martial.
Pour accompagner Martial dans son grand retour, l’Agglo joue collectif et a mobilisé la Chambre de Métiers et de l’Artisanat pour l’épauler dans sa réorganisation et le déploiement de sa stratégie commerciale. Le service Économie l’intègre également dans le réseau local pour créer des synergies avec d’autres entrepreneurs passionnés.
En près de quinze ans d’activité, le brasseur a vu le paysage changer à grande vitesse. Suivre les tendances sans se renier est devenu un exercice d’équilibriste. Martial travaillait l’IPA bien avant que cette bière à l’amertume marquée n’explose auprès du grand public. En dix ans, le nombre de microbrasseries en Franceest passé d’environ 600 à plus de 3 000 : de quoi saturer le marché. « Avant, les recettes se partageaient. Il y avait un esprit de confrérie. Aujourd’hui, on le voit moins », constate-t-il, un brin nostalgique.
Dans ce contexte concurrentiel, Martial reste fidèle à sa ligne : prendre le temps, choisir de bons ingrédients, ne pas rogner sur la qualité. Sa philosophie tient en une image simple :pour faire un bon pain, il faut une bonne farine et une bonne levure. Pour la bière, c’est pareil. Et malgré les secousses, le brasseur rabastinois compte bien continuer à faire parler les houblons !
– L’abus d’alcool est dangereux pour la santé à consommer avec modération –
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