Economie, Portrait : Préférence commerce : La Viande d’Auré, le choix du local et du fait maison

Depuis plus de 10 ans, Aurélie évolue dans le monde de la boucherie. Il y a deux ans, elle franchit le pas et se lance à son compte. Au cœur du village de Rabastens, elle propose à sa clientèle une viande locale et de qualité, qu’elle sélectionne et prépare avec soin. Portée par le goût du travail bien fait et ses convictions, Aurélie s’est vu remettre le label Préférence Commerce au premier semestre 2026, en reconnaissance de la qualité de ses services et du lien qu’elle a su créer avec ses clients.

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Cela fait plus de 90 ans que les habitants de Rabastens peuvent acheter leur viande au cœur du village, dans ce petit commerce de proximité. Repris de mains en mains au fil des années, c’est Aurélie qui en est devenue propriétaire il y a deux ans. « J’ai toujours su que je ne voudrais pas rester salariée toute ma vie. » Après dix ans comme salariée en boucherie, cette maman de deux enfants, alors en bas-âge, n’imaginait pourtant pas que l’occasion de se lancer à son compte se présenterait si rapidement.

Elle se lance, encouragée par sa mère, qui l’accompagne encore aujourd’hui dans son entreprise en prenant en charge la comptabilité et la gestion. « On s’est toujours bien entendues, elle a toujours été là pour me pousser vers le haut », confie Aurélie.

Si Aurélie assure seule la boutique et la préparation, elle peut également compter ponctuellement sur l’aide de son mari pour la partie traiteur : hachis parmentier, bourguignon, cordon bleu maison, lasagnes à la béchamel et au comté, et bien plus encore, sont à découvrir en vitrine.

Chaque morceau compte

Chez Aurélie, tout est préparé sur place : « Je travaille à partir de la carcasse entière. Tout ce qu’il y a en rayon, c’est moi qui l’ai préparé. » Désossage, découpe, parage, hachage, préparation et ficelage… Aurélie réalise elle-même toutes les étapes, jusqu’à la confection des saucisses, préparées et mises en forme sur place.
Son objectif : valoriser chaque partie de l’animal et limiter au maximum le gaspillage. Les morceaux les plus connus côtoient ainsi des pièces parfois moins demandées, tandis que les abats servent à la confection du pâté. Un moyen également de proposer une viande de qualité à prix raisonnable, en évitant les intermédiaires.

« Le but, c’est de faire comprendre qu’il y a plein de morceaux bons dans la vache, de limiter le gaspillage. C’est un peu ma manière d’éduquer le client », explique Aurélie.

L’éthique derrière la vitrine

Le métier de boucher évolue aussi avec les attentes des consommateurs. Face aux interrogations grandissantes autour de l’élevage intensif et industriel, certains font le choix de réduire leur consommation ou de privilégier une viande dont ils connaissent davantage l’origine et les conditions d’élevage. Des préoccupations qui font écho aux convictions d’Aurélie et à la manière dont elle souhaite exercer son métier.

Elle travaille ainsi exclusivement avec des éleveurs locaux. Son porc provient de chez O Prés d’Antan, un couple d’éleveurs de Puycelsi qui élèvent leurs cochons laineux sur plus de 37 hectares et où les animaux évoluent en plein air. « Une fois, je n’ai pas pu être livrée parce qu’ils n’ont pas réussi à les attraper ! ». Une race « exceptionnelle », par son goût mais également pour son mode d’élevage. Il faut en effet compter deux à trois ans pour élever ces cochons, contre environ six à huit mois pour un porc charcutier classique !

Pour le bœuf, Aurélie propose notamment de l’Aubrac, une race qui se distingue pour sa qualité gustative et dont elle se fournit auprès de la SARL Valat à Réalmont. Soucieuse de connaître aussi les conditions dans lesquelles évoluent les animaux, Aurélie s’est rendue directement sur place, où elle a pu observer les vaches profiter de larges pâturages. La même attention est portée au choix de ses fournisseurs pour le veau*, l’agneau et le poulet, eux aussi issus d’élevages locaux.

*Seul le veau provient d’Ayveron.

Une affaire de proximité


Afin de compléter son offre, Aurélie propose également une gamme de charcuterie provenant d’un charcutier de Couffouleux. Ses clients peuvent aussi trouver quelques bières et vins du territoire, sans pour autant empiéter sur l’offre de ses voisins. « Je fais peu d’épicerie, il y a une épicerie bio juste à côté. » Pour les fins gourmets, Aurélie perpétue également l’héritage de son prédécesseur en proposant la gamme Excellence Porc Noir de Bigorre.
Mais au-delà des produits, c’est surtout le lien avec ses clients qu’Aurélie a appris à apprivoiser depuis qu’elle s’est lancée. Elle qui pensait ne pas être très sociable a découvert un autre quotidien derrière son comptoir : « Quand j’ai commencé en agriculture, je parlais aux vaches, je m’ennuyais un peu ! » raconte-t-elle en rigolant.
Au fil de ces deux années, Aurélie a ainsi construit une boucherie à son image, et en accordant une attention particulière à l’accueil et à la relation avec ses clients.
Des engagements et un savoir-faire qui contribuent aujourd’hui à faire de sa boutique un commerce de proximité vivant, et qui lui ont valu de recevoir le label Préférence Commerce au premier semestre 2026.