Culture

Fouilles archéologiques : quand les archéologues rouvrent le grand livre des archives du sous-sol de Montans

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Montans, fouillé depuis plus de 250 ans

Si le village de Montans passe de nos jours pour une paisible bourgade, son sous-sol, fouillé depuis plus de 250 ans, raconte pourtant une toute autre histoire. Établi sur un promontoire dominant le Tarn, le village connaît dès l’époque gauloise une forte activité artisanale et commerciale de par son implantation stratégique où convergeaient, par voie fluviale, une grande partie des importations et des exportations du territoire. Ce destin déjà florissant, va être totalement bouleversé à l’époque romaine. Au tout début de notre ère et ce durant plus de 200 ans, le site de Montans va ainsi devenir l’un des plus importants centres de production céramique de tout l’Empire Romain.

Pour étudier cette histoire fascinante, point de texte. Seuls les artefacts laissés dans le sol par les anciens occupants des lieux témoignent de ce passé. Toute nouvelle fouille à Montans vient ainsi ouvrir de nouvelles fenêtres temporelles vieilles de près de 3000 ans ; un véritable petit événement donc et une occasion précieuse de pouvoir renseigner un peu plus les très nombreuses zones d’ombre qui perdurent dans la connaissance des origines de notre territoire.

Fouilles d’automne

Or, au cours de cet automne, un ambitieux projet d’aménagement a fait naître de nouveaux espoirs d’en apprendre un peu plus sur ceux qui nous ont précédés. Portée par la Communauté d’agglomération Gaillac-Graulhet, l’extension du Centre de Conservation et d’Études où sont conservés et étudiés les vestiges mis au jour sur le territoire (les plus remarquables rejoignant ensuite les vitrines de l’Archéosite), a nécessité, sur prescription du Service régional de l’Archéologie (DRAC), l’intervention d’un opérateur archéologique. Le but : fouiller la zone impactée par les futurs travaux et ce de manière à pouvoir étudier cette dernière avant la destruction complète des différentes traces d’occupation qui la constitue. Strates après strates, les archéologues ont ainsi peu à peu remonté le temps. Débutants par la mise au jour d’une partie du cimetière médiéval, ils ont ensuite exploré tour à tour les niveaux romains caractérisés par la présence de deux bâtiments dont la fonction pourra être définie après étude, associés à une zone de production céramique, pour ensuite atteindre les niveaux du second puis du premier Âge du fer. Ces deux phases, les plus anciennes, s’avèrent particulièrement riches d’informations et apportent, avant même l’étude du mobilier, un éclairage nouveau sur les premiers siècles d’occupation du village.

L’ensemble des données ayant été collectées sur le terrain, place à présent à l’étude en laboratoire. L’analyse des sépultures médiévales permettra notamment de pouvoir dater ces dernières et de proposer une photographie assez nette de la population montanaise à cette période (pathologies éventuelles, détermination des sexes, âge au décès…). Une attention toute particulière sera portée à la période antique ainsi qu’à celle de l’Âge du Fer puisque c’est à cet emplacement précis, à l’entrée du village, que se sont écrites les premières pages de la grande histoire de Montans.

Autour du chantier :

  • Plus de 1 200 personnes accueillies lors de visites de chantiers organisées par l’Archéosite dont près de 700 scolaires du territoire.
  • 510 m² : c’est l’emprise totale de la fouille
  • 56 sépultures mises au jour
  • Près de 3000 ans d’histoire qui reposent sous nos pieds