Archéosite

Montans, près de 3000 ans d’histoire

Niché au cœur du vignoble millénaire de Gaillac, le village de Montans revêt depuis le XIXe siècle un intérêt majeur dans la recherche archéologique. Sa position à la croisée de plusieurs voies de négoces explique son occupation sans discontinuité depuis le 9e siècle avant notre ère.

Un village gaulois prospère 

Au cours de la période gauloise, caractérisée par la domination des Rutènes, un peuple celtique qui occupait les territoires actuels du Tarn et de l’Aveyron, le village prospère rapidement. Il est au centre de l’intensification des échanges commerciaux et connaît une activité céramique qui se développe peu à peu. 

À partir du IIe siècle avant notre ère, plus au sud, la création de la province Transalpine (future Narbonnaise), va permettre une multiplication des échanges non seulement commerciaux mais également techniques et culturels avec le monde romain. Le mobilier mis au jour sur le site et exposé à l’Archéosite témoigne de la prospérité de cette société qui dans ses modes de vie, se romanise peu à peu.

L’un des plus haut lieu de production céramique de l’Empire Romain

Après la conquête romaine (-52 av JC), les deux premiers siècles de notre ère vont constituer l’âge d’or du village de Montans qui devient l’un des plus grands centres de production céramique de tout l’Empire Romain. Venus vraisemblablement d’Arrezzo, des potiers italiques importent avec eux la technique de la céramique sigillée. Cette céramique rouge, parfois décorée, est caractéristique du mode de vie à la romaine et de la naissance des arts de la table en Gaule.

Durant plus de 200 ans, Montans devient ainsi le centre d’une proto-industrie céramique qui inonde de ses productions les marchés de l’Angleterre jusqu’au nord de l’Espagne. S’ils sont spécialisés dans la production de sigillées, les potiers de Montans ont également diversifié leur activité en produisant tout un catalogue allant de vases à engobes blancs typiques de la culture gallo-romaine naissante, à des lampes à huile, de la céramique commune usuelle ainsi que des terre cuites architecturales employées dans la construction.

Un atelier d’amphores pour le vin

Au sein de l’Archéosite, certaines collections telles des serpettes de vignerons, des couteaux à greffer, ainsi que la découverte d’un atelier d’amphores estampillées du nom de Tarani, témoignent des origines de la culture de la vigne et du vin sur le territoire de Gaillac. Ils constituent à ce jour les plus anciens témoignages de ce vignoble qui fait la réputation de notre territoire.
Préparez votre visite au sein du musée de l’Archéosite pour découvrir l’ensemble des collections.

Au Moyen Âge, une tentative de bastide

Après plus de deux siècles de production intensive, l’activité disparaît rapidement, laissant place à une occupation diffuse du village.

Au 13e siècle, au sortir de la croisade contre les Albigeois, Montans fait l’objet d’une tentative de création de bastide afin de favoriser la prospérité du territoire en encourageant l’intensification des échanges commerciaux.

Si la démarche semble avoir avortée à Montans, le maillage urbain actuel, caractérisé par son plan orthonormé, garde en lui le souvenir de cet épisode médiéval qu’il est possible de découvrir, après la visite du musée, en flânant dans les ruelles de Montans.

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